Diffusion des techniques
 
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La vulgarisation technologique

Réunion du 20 septembre 2003

Secrétariat : Alain Crindal

Introduction de Joël Lebeaume

Pour engager la discussion, il est sans doute important d'élargir le thème "vulgarisation technologique" de cette matinée au problème de la "diffusion des techniques". Comme l'ont déjà montré les recherches en diffusion des sciences (par exemple, Fayard, 1988), s'agit-il d'une vulgarisation pour rendre vulgaire, d'une popularisation pour rendre populaire ? Avant le contenu de la communication, il est possible d'aborder les trois éléments que sont le récepteur, l'émetteur et le média. Ces trois composants renvoient à trois ensembles de questions : pour qui ? pourquoi ? selon quelles modalités ?

Les premières questions concernent les cibles qui sont les publics directs ou indirects comme les prescripteurs. Ces cibles segmentées sont très diverses, des enfants de 9-13 ans par exemple aux salariés d'une entreprise.

Les deuxièmes questions concernent les motifs de cette diffusion et le cas échéant de cette promotion. Il convient de distinguer les exigences économiques (rentabilité du produit, conjoncture de développement de nouvelles techniques.), des dimensions plus idéologiques. G. Fourez (1985) ou Schiele (1985) attirent l'attention sur la nécessité de ne pas confondre naïvement générosité apparente des promoteurs d'une opération et stratégie de valorisation ou de maintien d'une position sociale d'un groupe, d'une communauté, voire de personnes. À titre d'exemple, le panorama de l'industrie française dressé dans les ouvrages tels que "Le Tour de la France par deux enfants" (1880) n'était pas une ouvre désintéressée, mais s'inscrivait dans le projet politique de l'école de la République de Jules Ferry. Les descriptions des techniques accompagnaient aussi la "réforme des gestes" entreprise. Les ouvrages de la fin du XIXe siècle comme ceux de Louis Figuier ou ceux de la "Bibliothèque des Merveilles" soutenaient également l'idéologie du progrès et de la science industrielle de cette époque. En ce sens, Bensaude-Vincent et Rasmussen, (1997) s'interrogent sur le lectorat réel de ces publications.

Le troisième ensemble de questions porte sur les modalités et les moyens dont il est difficile d'établir une liste exhaustive : textes, images, images animées, films, expositions, reportages, sites Internet, tourisme industriel. Mais, pour les techniques, il est essentiel de ne pas omettre la diffusion par les gestes assurant leur incorporation (cf. Kaufmann, 1997). La diffusion des techniques sportives et corporelles en est aussi une illustration. Pour les enfants, il est important par ailleurs de souligner les médias que sont les jouets (panoplies, meccano.) qui participent à la diffusion des techniques et des rôles sociaux qui leur sont liés (cf. catalogue d'exposition Musée de l'Éducation).

Ces trois ensembles de questions ne sont pas indépendants car la diffusion nécessite une adéquation entre les enjeux des émetteurs, les attentes ou les aspirations des publics, les modalités mises en ouvre, généralement dans une démarche économique qui concilie offre et demande. Mais ces questions n'évoquent pas directement le contenu, ici les techniques, ni les enjeux.

Concernant les enjeux, la diffusion ou les diffusions ont une fonction culturelle au sens large du terme visant une culture partagée. Peuvent être concernés un groupe, une profession, une entreprise. voire une nation (par exemple "l'armée industrielle aux bras intelligents" de Salicis vers 1880) avec une visée prioritaire parmi les trois dimensions du professionnel, du citoyen et de l'homme.

Pour ce qui concerne le contenu, à savoir les techniques, il me semble intéressant pour nos échanges, de distinguer cinq problèmes importants présentés ici à leurs limites :

- le choix des techniques : entre techniques rudimentaires et scientifiques c'est-à-dire entre ce que les ouvrages désignaient autrefois par "travaux d'amateur" ou "industrie".

- le choix des approches : entre expériences pratiques du faire et présentation éventuellement spectaculaire de descriptions ou de récits privilégiant le dire.

- le choix des frontières : entre technique et socio-technique ce que Deforge (1992) mentionnait par exemple à propos de la conception d'une exposition, entre présentation d'une machine ou d'une machine avec un ouvrier et les traces du milieu social. Les écomusées (Lewarde par exemple) s'opposent en ce sens aux conservatoires des objets techniques.

- le choix des fonctions : entre enracinement patrimonial et rêveries prospectives, entre histoire et avenir.

- les contraintes et les conciliations : entre l'éditeur et l'auteur, entre l'incontournable et l'interdit, entre le possible et le souhaité, entre la connaissance commune et l'information pertinente.

L'expérience de contribution aux ouvrages Jeunesse de Nathan est une aventure tissée de relations personnelles et d'intérêts ou d'envies - voire de militantisme - réciproques. La participation à de tels ouvrages est aussi une rencontre avec des équipes de professionnels (éditeurs, illustrateurs, commerciaux, .) de l'édition pour enfants et de l'édition éducative non scolaire. Elle implique une posture distincte de celle d'enseignant, de formateur ou de chercheur sur. Mais l'intervention demeure, à mon sens, de nature didactique car il y a une responsabilité sur le contenu (cf. J.-L. Martinand) et donc des décisions marquées, pour la pertinence des choix. Cette intervention du registre épistémologique est sans doute plus importante que celle également sollicitée du registre pédagogique concernant les choix de mise en pages ou d'activités par exemple. L'expertise du didacticien de la technologie se situe donc d'une manière privilégiée dans cette perspective, en ayant à l'esprit l'ensemble des questions initialement présentées.

Les revue techniques "Grand public"

Intervention Ignace Rak

Concernant la diffusion des techniques, les revues constituent des supports importants. Dans ma thèse, les trois revues techniques considérées "grand public" car présentes dans les kiosques et maisons de la presse (Usine nouvelle, Industries et techniques, L'entreprise) ont été dépouillées. Il s'agissait de recueillir des informations sur l'évolution des pratiques socio-techniques dans le milieu industriel et économique sur une période allant de 1990 à 1998

Ont été retenus, 190 articles représentatifs de l'évolution des techniques, des organisations sociales et des concepts permanents ou naissants constituant ainsi une sorte de veille technologique. A partir des contenus relevés dans ces discours sur les pratiques socio-techniques analysées puis sélectionnées, nous avons cerné les éléments techniques qui permettent de "penser" et de fonder un éventuel nouvel enseignement. Nous avons également dégagé les outils aidant les enseignants et les élèves à lire le monde des objets et systèmes techniques artificiels et à s'informer sur ceux-ci.

S'agissant des enseignements professionnels ou technologiques, lorsqu'il est nécessaire d'examiner des contenus d'enseignement, soit pour la révision d'un programme existant, soit pour apporter dans un cours des informations technologiques récentes, il convient de procéder à ce que l'on peut appeler un recueil d'informations "authentiques". Pour une éducation technologique discipline d'enseignement général, il s'agit de ne pas procéder différemment. J'ai retenu deux principes pour ce travail. Le premier, c'est d'aller chercher au plus près de la source les informations que l'on peut qualifier de "première main" et non auprès d'auteurs ayant écrit à partir de textes provenant d'autres auteurs (texte de "seconde main"). Le second principe a été de retenir des contenus à étudier à des fins d'enseignement qui soient issus de l'observation des pratiques socio-techniques prises comme références (P.S.T.R.). Pour ce second principe, une autre voie possible aurait été de rechercher des informations auprès des disciplines "académiques" présentes au niveau universitaire, c'est-à-dire choisir la voie d'une "transposition didactique". Sauf à s'appuyer sur des disciplines techniques universitaires traditionnelles, l'éducation technologique n'est pas (encore) une discipline universitaire.

Quatre aspects caractérisent cette authenticité. D'abord c'est la prise en compte du concept de "pratiques socio-techniques prises comme références". Le deuxième aspect c'est la sélection de trois revues techniques "grand public" qui donnent des informations de "première main" sur le monde des entreprises se consacrant à l'étude, la production et la diffusion des produits artificiels matériels et immatériels. Les journalistes spécialisés ne fournissent pas de "données brutes", car même de "première main", les informations sont "travaillées", mises en forme, interprétées, non pas pour l'enseignement, mais pour le grand public qui s'intéresse à la technique et aux techniques. Il faut donc les rassembler, les rapprocher avec d'autres, même si, dans certains cas, les sujets traités font parfois l'objet d'un dossier de synthèse. D'où un troisième aspect qui consiste à vérifier de cette authenticité. Nous avons eu à mettre en corrélation ces informations avec d'autres informations de "première main" contenues dans des normes et ouvrages écrits par des acteurs internes à des entreprises. C'est le cas des normes ISO, CEN, AFNOR et des ouvrages mettant en forme des grands concepts industriels et tertiaires. Enfin, le quatrième aspect pouvant caractériser l'authenticité concerne des stages de formation continue dans les entreprises dont les interventions sont directement effectuées par des ingénieurs et des responsables aux salariés de leur entreprise et aux professeurs de lycées professionnels, technologiques et de collèges (Centre d'Etudes pour la Rénovation de l'Enseignement Technique "CERPET", en sciences et techniques industrielles et économie et gestion).

L'éducation technologique à créer au lycée, ne peut pas s'affranchir de cette recherche d'authenticité parmi les sources d'informations techniques afin de cerner les champs techniques et les connaissances à étudier. Chaque écrit ou média représentant l'information disponible, doit être d'abord authentifié. Trois sources d'informations peuvent être distinguées selon les catégories d'auteurs. Chacune d'entre-elles produit soit une expression "directe", soit une expression indirecte des pratiques socio-techniques et normes du monde de la technique et des entreprises.

La première source d'informations provient d'acteurs et auteurs internes à des entreprises. Deux séries d'informations sont à mettre au premier niveau d'authenticité :

- une expression directe de pratiques d'entreprises (ex : C. Petit Demange, S. Echard) ;

- une expression directe d'acteurs d'entreprises pour établir la normalisation (commissions d'élaboration des normes ISO, CEN, AFNOR).

La deuxième source d'informations provient d'acteurs spécialisés extérieurs à des entreprises (consultants, journalistes, économistes). Cette deuxième source constitue seulement un deuxième niveau d'authenticité. En effet si l'information est toujours directement issue des P.S.T.R., elle n'en est pas moins "retravaillée" pour la mettre à la portée des lecteurs. Deux séries distinctes d'informations peuvent être classées à ce niveau :

- une expression directe d'experts spécialistes de domaines dans des ouvrages (C. Midler, cabinet APTE) ;

- une expression directe de journalistes (revues Usine nouvelle, L'entreprise, etc.).

La troisième source d'information rompt avec les deux premières. Ces informations techniques émanent d'acteurs et de communautés du secteur de la formation et de l'éducation technologique (chercheurs, enseignants, responsables). Les informations produites proviennent rarement directement des entreprises. Ce sont souvent en général des synthèses des deux sources directes précédemment décrites. S'y ajoute un deuxième "travail" didactique, celui-là pour que l'information satisfasse à des besoins de formation de professeurs et d'élèves, voire à des marchés (ouvrages en référence à des contenus de diplômes techniques dans l'enseignement primaire, secondaire ou supérieur ; manuels ; etc.). Enumérons les principales catégories d'ouvrages et de médias concernés :

- expression indirecte des modélisations et normalisations d'entreprises (ex : analyse de la valeur de G. Delafolie) ;

- expression indirecte de pratiques spécifiques (ex : Zéro mépris de H. Serieyx) ;

- expression indirecte de normes (ex : Guide du dessinateur de A. Chevalier) ;

- expression indirecte dans des pratiques pédagogiques (revues : Education Technologique  ; Technologie du CNDP).

Le dépouillement de ces trois revues entre 1990 et 1998 a fait émerger du cheminement suivi, un schéma que l'on peut décrire rétrospectivement en trois phases :

- recensement, sélection, classement technique des données techniques issues de P.S.T.R. (190 articles, 30 sous-thèmes, 30 thèmes) ;

- regroupement didactique des informations pour une éducation technologique au lycée (3 familles de thèmes et 11 thèmes) ;

- recherche des éléments didactiques à introduire dans la matrice pour "penser" ce nouvel enseignement et "lire" les informations du monde du travail (3 éléments : choix des produits, choix de la ou des technicités, choix des phases d'activités dans un projet). Il semble par ailleurs qu'au-delà de ce classement rétrospectif qui se dégage d'une étude pour le lycée,la formation des professeurs de technologie au collège, voire des professeurs de l'enseignement technique, aurait à s'inspirer de ce résultat d'étude pour mieux apprendre à distinguer l'authenticité des informations selon les sources ainsi circonscrites et pour faire des choix appropriés en fonction du contexte d'utilisation de l'information sélectionnée.

Un exemple d'expertise pour la mise en place de l'exposition "Techno-cité"

Intervention Alain Crindal

L'objet de l'expertise

Inaugurée en 1996 et démontée dans le début de l'année 2003, l'exposition permanente Techno-cité a été un des lieux très fréquenté de la Cité des sciences et de l'industrie (CSI) par les classes de technologie des collèges. Cinq thèmes s'offraient à la visite active des élèves sur un plateau de 600 m 2 .

Trois thèmes avaient une visée descriptive, des techniques y étaient présentées en tant que solutions à des problèmes posés. Pour comprendre les solutions exposées les élèves utilisaient des machines ou des objets qui interagissaient sur le système technique, ils devaient contrôler leurs résultats par des mesures. Ils découvraient ainsi qu'une solution technique procède de choix dans un champ de contraintes à l'intérieur desquelles il faut adopter le meilleur compromis.

. Des mécanismes en mouvement

Dans cet espace, les visiteurs utilisent une boîte de vitesse équipée d'un carter transparent et découvrent l'interaction entre les engrenages, la difficulté de démarrer en quatrième, ... Ils actionnent un rotor d'hélicoptère, un différentiel, un moteur, un bras-robot soudeur, un moteur à quatre temps. Ils sont amenés à décoder la combinaison d'un coffre-fort transparent en observant son mécanisme interne.

. Capteurs et automatismes

Les visiteurs découvrent et utilisent différents capteurs dans les systèmes de contrôle et de maintenance automatique (programmation de critères pour une chaîne de contrôle industriel - câblage d'un flipper, .).

. Concevoir un logiciel

Afin de découvrir une partie de la logique informatique, les visiteurs programment l'action d'un personnage d'un jeu vidéo ou les mouvements d'un robot serveur de cassettes vidéo, pour répondre au cahier des charges proposé.

Deux thèmes portaient sur des situations de projet. C'est sur ces deux thèmes que le CNM (Centre National de Montlignon) par l'intermédiaire de Messieurs Priniotakis, Longeot et moi-même, a contribué activement à la définition des concepts visés.

Axés sur la production d'un objet, les deux espaces présentent chacun un des moments clefs d'un projet technique : la conception et la réalisation. Les élèves y jouent successivement des rôles de concepteur, de designer, d'ingénieur, de responsable de production, de comptable, .

. Mise au point d'un prototype

Deux prototypes singuliers ­- un vélo de piste en carbone et un VTT de compétition - permettent d'appréhender la notion de performance technique. Le visiteur participe à la conception en réalisant certaines des tâches nécessaires à la création d'un prototype : définition sur postes de DAO, test sur un banc d'essais, prise de décisions à partir d'un cahier des charges interactif, conduisent à effectuer des réglages sur un vélo prototype.

. Techniques de fabrication

Les visiteurs participent à la production industrielle d'un objet, depuis l'utilisation de la matière première jusqu'au produit fini. L'objet est un casse-tête en plastique dont il faut organiser la fabrication sur une presse à injecter, puis concevoir l'emballage sur un poste de CFAO et le réaliser sur une table de découpe laser, passer à l'étude du coût de revient de la fabrication puis définir le mode d'emploi et l'étiquette en PAO, avant de monter le casse-tête et d'en prendre possession. Le visiteur joue aussi les différents rôles associés à cette chaîne de production.

Contraintes et choix de cette vulgarisation technologique

En ce qui me concerne, cette expertise a démarré deux ans avant le lancement de l'exposition, soit deux réunions mensuelles de mai 1994 à décembre 1995. La CSI est une "organisation" très hiérarchisée où les responsabilités fonctionnelles ne sont pas transparentes pour un intervenant extérieur appartenant à l'éducation nationale. Il faut s'approprier a minima ces rouages pour pouvoir donner de l'efficacité à son action d'expertise. Il faut surtout quitter ses habitus d'enseignant, de formateur ou de chercheur pour rendre compréhensibles les concepts que l'on considère comme essentiels face à des commanditaires qui sont étrangers au monde de l'enseignement. Un constant travail de "traduction" est à exercer pour être entendu, puis compris et enfin pour pouvoir argumenter du bien fondé des choix avancés. Les "démonstrations pédagogiques" n'ont plus cours, le public ici visé est double : des classes bien sûr, mais aussi un public ordinaire de passage, qui s'inscrit pour "vivre" une heure de technique qui ne doit pas s'apparenter à un exercice scolaire, ni même à un apprentissage divertissant.

En interne, il s'agissait de convaincre que le double public potentiel existait. Plus précisément, il s'agissait de montrer qu'un circuit entre plusieurs postes de production, malgré sa complexité apparente, demeurait faisable. Il s'agissait de trouver des solutions techniques économiquement admissibles, techniquement faisables et dont la maintenance ne soulèverait pas des difficultés insurmontables. Une presse à injecter et une découpe laser en milieu muséologique ne constituent pas des solutions toutes faites !

La conception de l'espace "production" était aussi sous l'influence souvent masquée d'acteurs extérieurs. Ainsi, par exemple, un représentant d'autres institutions de l'éducation nationale tentait de jouer le rôle d'arbitre extérieur pour s'opposer à l'originalité du projet. La liaison que nous souhaitions mettre en place entre les aspects industriels de la production et ses aspects économiques était contestée au nom d'une interprétation drastique des programmes de la technologie qui, à cette époque, cloisonnaient les différents domaines techniques.

D'autres arguments et d'autres fonctionnements

Ce sont des arguments sur la connaissance des publics, sur le fonctionnement des visiteurs, sur la simplicité des procédés, sur le design des espaces, sur l'innovation et sur l'originalité des dispositifs qui ont convaincu les décideurs de la CSI de maintenir le cap que nous avions proposé.

C'est en collaborant étroitement à la définition des spécificités de chaque entité et à la mise au point des prototypes pour chaque pôle que nous avons aussi transformé notre expertise. Nous avons acquis de nouvelles compétences en reproblématisant la situation de découverte active de techniques en liaison avec la logique d'exposition.

Annexes

On constatera ci-dessous le résultat du travail collaboratif (CSI-expertise) dans le scénario proposé pour l'îlot des presses à injecter.

1. Concepts et objectifs

Module : "Technique de fabrication"

Ilot : La presse à injecter

Contexte : Le thème traite de la production industrielle d'objet.

Il propose au visiteur de réaliser les différents éléments d'un jeu en utilisant les techniques appropriées et de découvrir les modes opératoires de chacune.

L'objet choisi, "casse-tête chinois", permet d'obtenir un produit complet comprenant le conditionnement et le mode d'emploi.

Ce thème comporte 5 îlots :

- Le moulage par injection

- L'emballage

Le blister par thermoformage / emballage carton par découpe laser.

- D.A.O. / Fabrication d'une étiquette autocollante - P.A.O . / Le mode d'emploi

- Coûts et gestion

- L'îlot informations et ressources.

Chaque îlot d'exposition présente une technique différente utilisée pour la fabrication du produit. Les îlots sont autonomes et indépendants les uns des autres.

Chacun des postes est flexible et doit pouvoir être adapté à un autre projet.

L'étape à réaliser dans l'îlot est mise en relief graphiquement pour permettre au visiteur de se situer dans le processus de production.

Propos de l'élément : Il montre que le choix d'une technique de fabrication dépend de paramètres définis par le cahier des charges : matériau, quantité, coût, qualité...

Objectif :

- Prendre conscience de la complexité de la production d'un objet simple.

- Faire des choix en fonction d'un cahier des charges.

- Gérer une fabrication en petite série.

- Contrôler le produit obtenu.

2. Scénario ET CONDITIONS D'UTILISATION DE L'ÉLÉMENT

2.1. Conditions d'utilisation de l'élément

o Exposition permanente : 100 000 visiteurs par an

o Elément utilisé par 2 groupes de 2 personnes : Durée d'utilisation : 5 à 10 mn

2.2. Descriptif

L'élément est constitué de :

1 / Deux presses à injecter :

Les machines doivent permettre la fabrication automatisée de 2 différentes pièces, qui seront assemblées, à la main, pour obtenir trois anneaux emboîtables. Ces trois anneaux composent le casse-tête.

Le jeu monté est contenu dans un cube de 4 cm de côté.

Toutes les opérations doivent être automatisées, car le visiteur n'a pas directement accès aux presses.

2/ Deux écrans informatiques :

Les écrans permettent de lancer et de suivre le cycle de l'injection à la suite d'une petite réflexion logique (voir scénario).

3/ Deux écrans vidéo :

Ces écrans permettent d'imaginer le parcours de la matière chauffée sous pression et certaines étapes non visibles à l'intérieur de la presse. Ces écrans présentent, par exemple, une animation sur le rôle de la vis.

Les écrans sont placés devant chaque presse, au plus prés de l'endroit où sont situées les vis de la presse à injecter.

2.3. Scénario d'utilisation de l'élément d'exposition

L'utilisateur observe dans une vitrine un casse-tête assemblé, un autre avant son assemblage (3 anneaux) et enfin un troisième complètement démonté composé des 6 coques non clipsées. Il peut ainsi se rendre compte de l'aspect du produit en pièces détachées et du résultat après montage.

Le visiteur se rend devant l'écran informatique d'une des deux presses :

1/ Un logiciel interactif va lui permettre de comprendre le fonctionnement de la presse avant de la programmer. Cette aide va permettre au visiteur de classer les différentes étapes dans l'ordre, et donc de lancer le cycle.

2/ Lorsque la programmation est faite correctement, dans l'ordre logique, le cycle est exécuté et les différentes phases sont affichées à l'écran.

1/ La programmation

Avec le logiciel, le visiteur mémorisera la succession des différentes phases du pressage (introduction des granulés, chauffe et rotation de la vis, injection de la matière, ouverture du moule, décollage, éjection de la pièce).

Il est possible de programmer la fabrication de plusieurs pièces, de 2 à 4 par presse par visiteur

- Ecran d'accueil.

- Consignes pour faire fonctionner la presse.

- Information sur chaque phase (si demandé).

- Les différentes phases dans le désordre (présentation aléatoire).

- Essai de combinaison.

- Lancement de la fabrication si réussite ou retour à l'écran précédent, si échec.

2/ Le déroulement du cycle

En parallèle à l'exécution du cycle sur la machine, le titre de chaque phase apparaît à l'écran informatique. Le visiteur peut ainsi visualiser les opérations et les identifier.

Lorsque le moule se ferme et lorsque la vis se met en rotation, une animation vidéo présente l'étape invisible de l'injection de la matière sous pression dans le moule. Cet écran est installé juste devant la presse.

Lorsque les pièces sont éjectées, le visiteur les collecte, et les assemble sur une table à proximité en suivant des consignes d'assemblage.

Interface utilisateur ; Mobilier ; Panneaux graphiques

[.]


FAYARD, P. (1988). La communication scientifique publique. Lyon, Chronique sociale.

Au cours des échanges, Jean-Luc Laurent insiste sur cette dimension conjoncturelle.

FOUREZ, G. (1985). Pour une éthique de l'enseignement des sciences. Lyon, Chronique Sociale.

SCHIELE, B. (1985). "Les enjeux cachés de la vulgarisation scientifique ou La transformation du savoir en produit marchand". In S. El Hadj & C. Belisle (dir.). Vulgariser : un défi ou un mythe ? (pp. 83-97). Lyon, Chronique sociale.

BRUNO, G. (1882). Le tour de la France par deux enfants. Paris, Belin.

FIGUIER, L. (1868). Les merveilles de la science ou description populaire des inventions modernes. Paris, Fourne, Jouvet & Cie. (4 vol.).

Série d'ouvrages thématiques : Par exemple : COLLIGNON, E. (1876). Les machines . Paris, Hachette. ; HELENE, M. (1876). Les galeries souterraines . Paris, Hachette. ; MARION, F. (1869). Les ballons et les voyages aériens . Paris, Hachette.

BENSAUDE-VINCENT, B. & RASMUSSEN, A. (1997). La science populaire dans la presse et l'édition XIXe et XXe siècles. Paris, CNRS Histoire.

Au cours de la matinée, Ignace Rak illustre ce point avec un catalogue de publications

KAUFMANN, J.-C. (1997). Le cour à l'ouvrage. Paris, Pocket.

Musée national de l'éducation. (1990). Jeux et travaux de l'enfance. Paris, INRP.

Par exemple : RIS-PAQUOT. (vers 1890). Les petites occupations d'amateur. Paris, Laurens.

Par exemple : FABRE, J.-H. (vers 1890). L'industrie. Simples récits de l'oncle Paul. Paris, Delagrave.

DEFORGE, Y. (1992). "La technologie des objets du musée". La Revue du Musée des Arts et Métiers. 1.

rédacteur de Méga expériences (1995), Méga Casse-tête (1998) ; Directeur et rédacteur de Méga Activités (1997) ; auteur de Inventions géniales et délirantes (1998), comment c'est fabriqué (2000) ; rédacteur des pages sciences et techniques de Dokéo (2001) et Petit Dokéo (2003).

 

 

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